jeudi, juin 15, 2006

urumqi

[ le xinjang est une province annexe par la chine, peuple' a l\'origine de ouygour, musulman, le gouvernement pousse les hans, les chinois de l'est, a s'y installer en masse. aujourd\'hui les ouygours sont encore majoritaire mais plus pour tres tres longtemps. ]

donc abdil, un jeune ouygour empli d'un dynamisme incroyable, aimerait voyager mais " you know different life level.."
- les chinois ont tous les bons emplois. nous on a beau parler anglais et chinois aussi bien qu'eux, on ne trouve que des mauvais jobs....ce n'est pas juste... racisme...
[...]
moi - vous voulez l'independance ?
lui, regardant autour de lui - chuttt ! no, no.

- ouygours et hans fear eatch other.

[...]
- i'm muslim but in pakistan, muslim are so crazy.

moi - a l'ecole garcon et fille sont melanges ?
lui - pour moi c'est immoral
moi - pourquoi ?
lui - sex before marriage is immoral.
moi - euh ... oui ... mais juste parler...
lui - ... ah melanger, ca ne veux pas dire fuck ?
moi - ...
lui - ah ben oui, ben bien sur qu\'a l\'ecole les filles et les garcons sont ensembles. pourquoi ?

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Urumqi, sous la pluie.
'la tout n'est qu'ordre et beaute
luxe, calme et comme qui dirait volupte..

[...]
"songe a la douceur d'aller ici vivre ensemble
les soleils brouille's
de ces ciels mouille's
pour mes yeux ont le charme
si mysterieux
de tes traitres yeux
brillant a travers leurs larmes."



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il suffit de quelques instants attable's a une terrasse pour se retrouver a faire des "campai !!" avec un inconnu, ses 2 litres de bieres, et son ami au telephone qui veux tant parler anglais...

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pays de signe et d'ecriture. les images en sont singulierement absentes, remplacees bien souvent par des hieroglyphes rouges geants luminescant.
Foire de symboles obscurs tapissant les murs, les rues, les vitrinnes, et donnant au passant ignorant de troublant vertiges.


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dans le train suite

sur son grand carnet d\\\\\\\'ecoliere, une chanteuse kyrgyze note les 5 mots d\\\'anglais que je viens de lui apprendre... pour le ranger dans sa grande malle, elle se met sur la pointe des pieds et tire un peu la langue... dans ces moments la, on dirait une tout petite fille...

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on m\\\'apprend a jouer au carte.
Tous le wagon vient me donner des conseils. chaque carte joue\\\' provoque un brouhaha de reprobation et de commentaire.
Par la suite, je gagne avec brio plusieurs parti de suite.
Mes partenaires sont vexes. moi, je suis pas peu fiers ...

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ce fut une joli rencontre
http://nicolas.dapzol.free.fr/sons/VOC050.MP3

mercredi, juin 14, 2006

"Ne voir que ce qui est deja connu avant de partir, voyager pour confirmer" voila bien la grande peur. Sombrer dans les poncifs
[ ils sont gentils ] [ comme c'est pas cher !] [ y'en a bien de la misere ]
- c'est deja fait ? bon tant pis -
mais quand une ambassade demenage 2 fois dans le mois pour d'ailleurs disparaitre totalement , quand 2 agences de voyages demenagent dans l'annee, quand le marche aux bestiaux se transforme en autoroute, quand un rond point devient en grand parc et que les hotels "pas cher" acceuillent maintenant des conferences de haut standing, on peut quand meme dire que la chine se transforme rapidement, non ?

train kasgar --> urumqi

dans le wagon...
A s\'y prendre a la derniere minute, on se retrouve forcement dans le dernier wagon. celui des pauvres, qui est aussi celui des cartes, des rires, du the, et des grands yeux etonnes et un peu dubitatif devant le touriste assis a leur cote.

Chacune, oui chacune, de mes affaires fait l\'objet d\'un commentaire de la communaute\'.A chaque discussion, on me questionne par un signe de tete,et j\'approuve du regard avec le plus grand serieux.

beaute\' du desert blanc de gobi dans le ciel blanc.


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joie simple du jeu de carte dans ce train [ enfin, un terrain o\' les regles sont explicites !]


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c\'est qd meme un peu troublant de se faire carresser le bras par un inconnu goguenard, sous le pretexte qu\'on a des poils, nous.

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En deux heures de voyage, mon carnet s\'est remplit de mille signes, dessins de nos vies, et un long dictionnaire de nos langues communes.

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et ce vieux ferre\' en plein desert qui me reste...

\"j\'etais pret a te grossir de quelques larmes\"


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le desert franchi naissent des embreyons de rondes colinnes. dans la verdure nouvelle s\'endorment les chameaux et les nomades meles.
Tout y respire l\'appaisement et le sourire d\'un coin d\'ombre l\'ete.

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Nous poussons vers des horizons magnifiques.
Le rythme du train repousse les fatigues estivales.
Et dans le chant nouveau du vent et du sable, la marche a venir se fait belle, dissipe les rides naissantes.


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mon voisin criant et me montrant l\'horizon
\"sano Gobi !!\"
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les visages ont tant change\' depuis le pakistan, depuis que l\'himalaya fut franchi. L\'ovale noirci cede la place a des rondeurs multiformes.
les yeux se sont aiguises, les pomettes se sont faites saillantes.
le soleil a etire\' les peaux. le sable a pris leur couleur.
les corps ont a present la secheresse et la force de ceux contre qui le vent ne peux rien.
Les ouygours et les hans s\'entremelent encore a mon regard.
les ouzbecks, les kirgizs, les mongols sont la aussi pour encore jeter un peu plus de confusion et d\'inoui a l\'endroit.

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parlerais je des habits ?
jupe longue flottante, jupe courte lisse, jean serre\' ou jean large, burka encore, dentelles traditionnelles noires ou blances dentelles pour les soirs aimant.
les hommes eux se scultent a present de nos occidentales us. seuls quelques d\'jeuns hesitent avec des japonnaises extravagances.

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Il a le front brulant. elle peut etre les mains froides. Il a une chemise ouverte sur un torse imberbe. elle a les yeux de celle pour qui rien n\'existe que. Il a les yeux brillant de l\'ivresse. Elle a la tete pose sur ces genoux. il la protege du soleil brillant d\'une main aimante. Elle le regarde. D\'un geste ou d\'un regard, il redessine son visage. Dans un souffle parfois, elle lui murmure quelques folies.
et des rires alors fleurissent leur visages.

kashgar fut vite depasse'.
une soif de vent et de rail me pousse un peu plus loin.
direction urumqi et le desert, celui de Gobi, ou', parait il, on plonge a 150m sous le niveau de la mer.
Apres les pics des jours derniers, cela me laisse songeur...

lundi, juin 12, 2006

pakistan en vrac

avant de poursuivre ce voyage vers le nord de la chine...
le grand internet etant sacre par ici, j'ai remis qq photos d'ancien post.
et voici qq souvenirs du pakistan en attendant un peu de rangement.

2 p'tites videos



et quelques photos en vrac ici :
http://nicolas.dapzol.free.fr/photos/pakistan/























chine !

des petits casques de chantier, des cours de tai chi dans la rue , des femmes en bas nylons par une pleine chaleur, les parfums d'une cuisine delicieuse, ses couleurs, l'abscence de toute pilosite, la vie nocturne, et ses salles internet pleine de joueurs rougis survoltes,
pas de doute on est en chine.

trajet frontiere.. kashgar

- les " goldens marmottes"
- les chameaux des neiges tout ebouriffes.
- les nomades et leurs breloques de couleurs.
- le petit lac d'azur cercle' de neige
- les premieres yourtes.
- la saucisse au poulet " taste it !"
- les oeufs cuits et vendu au bords de la route.
- la vendeuse si petite : son magasin, on dirait un jeu d'enfant...
- la fin de la chaine himalayenne par le plongeon dans le desert:
[protuberances douces, rouges, sombres, craquele's, vagues de levres appelant les morsures. erigees.et le ciel zebre comme en attente.et une coulee d'eau fraiche qui va nous appelant.]

suite

dans la rue, le temps de jouer avec les militaires, la nuit est deja tombee depuis longtemps.
Je n'ai pas de plan de la ville. Les rares panneaux sont en chinois uniquement.
on m'indique un hotel non loin parait il.
L'avenue est sombre, large, faiblement eclairee par des neons blafards. Quelques silouhettes trainent dans la rue. Aucune voiture, aucun passage.
un silence assourdissant, pesant.
On me hele.
Un homme grand, large d'epaules, le visage dans l'ombre, un manteau epais demesurement long, les mains caches me dit :
"hotel. here" il me montre une ruelle sombre.
"euh... thank you. i want to see another one..."
je continue. ne pas, ne pas se retourner.
sentir la peur s'insinuer.
souffler, se dire qu'on a pas grand chose d'autre a faire que continuer.
s'accrocher a cette idee. essayer d'en rire. y arriver qd meme.

10 minutes plustard, l'hotel est trouve'....
il est complet.....

on m'en indique un autre.
et bien exactement a l'endroit ou' mon gorille voulait m'emmener.
Il etait sincere et je ne l'ai pas cru....
maudite mefiance.

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donc qq minutes plustard j'arrive a l'hotel.
derriere le comptoir, le patron torse nu ventru, se fait graisser les cheveux par sa femme a l'aide d'une brosse a dent.
le fils tente de faire les comptes.
charmant tableau.

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revu gorille.
il m'a amene' manger.
je ne pouvais plus rien lui refuser.

ce fut d'ailleurs sucullent.

dimanche, juin 11, 2006

demain mise a jour photo pour demain, la il est temps de gouter au joie du communisme...

pakistan -- chine. 3 soir

le soir apres 10 h de bus, la chine est en vue.
tiens encore un poste frontiere.
tous le monde est fatigue. dans le bus la foule est nerveuse, la tension est palpable.
A l'arret du bus, tous le monde se jettent attrapent ses bagages, courrent vociferent le passeport a la main.
dans le batiment, on apprend qu'il y aura encore une fouille complete.
et des documents a remplir. et un controle sanitaire.
c'est le desespoir et la rage qui s'emparre de la foule.
" t'as un stylo ?... non et lui ? oui il en a. moi non attends."
un officier gueulle 'dans le rang ! '
et nous tous tour a tour gueullard et dociles.
la temperature ( faciale )
la fouille des bagages.
le controle passeport.

a mon tour, l'officier regarde mon passeport, s'arrete sur la photo, gratte un peu la page. fait un signe etrange de la tete.
[ commence a me voir la pdt de longues heures ]
l'officier appele un collegue, lui montre la photo. Ils echangent plusieurs mots. incomprehensibles bien entendu.
[ s imaginer une seconde la seul pour l'eternite attendant le coup de telephone d'une lointaine ambassade]
se faire remettre le passeport "ok".

pakistan -- chine. 2 frontiere d'altitude.

5000m d'altitude, on est sur le toit du monde.
la neige a nos pieds, pas d'habitation a moins de 100 km, seules quelques chevres sauvages des neige passent devant nous paisiblement, s'arretent pour brouter innocentes.
bref decors boudhiste. recueillement et nirvana.
et pourtant entre 2 pics neigeux, comme echouee, s'etend une longue muraille barbelee.
Et au centre une cabanne de fer, devant elle, notre vehicule s'arrete.
Les chinois sont la et attendent. militaires. sur leur uniformes verts, les galons etincellent. mais ils sont si petits, et ils tiennent leur role avec tant d'ardeur ( pieds joints, droit dans les bottes, et menton dresse. ), que c'est a se demander si ce ne sont pas des enfants jouant au petit soldat.
Nous leur faisons face, les pakistanais et moi, nous hirsute, un peu crade, un peu deguenille, la barbe fiers des uns, l'oeil inquiet des autres.
de leur cote, l'autorite maladive ( la peur peut etre ? ).
le contrate est saisissant mais on a peu le temps de le saisir ...
tout doit etre sorti. et les hommes et leurs affaires.

--
existe t il fouille plus meticuleuse ?
j'en doute.
Dans la cabanne en fer, tout mais tout fut analysee, dissequee, dicustee.
la moindre photot fut regardee. le moindre livre, le moindre carnet epluchee.
Tous les produits durent etre ouvert, plaider.
Alors dans notre cabanne, on teste les bonbons, on mime une douche, un mal de tete. Certains ont apporte' de la vaseline et defendent leur cause en s'en frottant les bras, le visage et en souriant....
allez decrire traitement anti - paludeen et anti diarheique....

--
sinon, le paysage ben si c'est pas le paradis, c'est qu'y a erreur.
redescendez ici.

note
une cigarette a 5000m d'altitude c'est du zyclon B !

pakistan -- chine. 1 de bon matin

la douceur d'une fouille militaire.

note: pas sur que le concept de " vie privee" soit universel.

...

Sus, singuliere ville frontiere d'altitude
la ville n'est qu'une route bordee.
sur cette route les respirations se font si visibles que les passant s'enveloppent de couverture.
avec le froid, personne ne s'arrete.
tout y semble precaire comme en devenir.

tout est affaire de decors

de la vache, a la moto, en passant par la charrue, le velo, la brouette, la chevre, le rickchaw et bien sur le camion, tout est kitchissime, emplies d'images des 70's ,de couleurs flashies, de clochettes, et parfois meme de petits cerf volants.

moi ' mais y'a t il un sens derriere tout ca ?"
lui " ben ... non c'est juste pour faire joli. "

note :
et le tuning ne serait pas un art ?

langue etrangere

au pakistan, il y a 7 langues officielles et une langue 'etrangere' commune apprise a l'ecole, l'Urdu.
aussi ca donne souvent ca
moi - no english ?
lui tout etonne - no Urdu ?

....

le soir etend son rose nostalgique sur les pics enneiges.
Cette vamp de lune caresse des fluorescences nuageuses.
des rochers rides s'endorment au loin.

et ici... tout le monde s'en fout.
il fait encore jour. il est encore temps de travailler....

seuls quelques oisifs...

Mes amibes et moi, nous nous sommes presque reconcilies et d'un commun accord nous partons pour la chine ou' nous trouverons une deuxieme vie pour notre couple...

la muerte

aujourd'hui, la ville s'est ornee de centaines de drapeaux noirs.
Ils flottent au vent dans la vallee.

on se croirait en pleine secession anarchiste.

vendredi, juin 09, 2006

journee de lecture.

d'un cote, chez cet "Idiot" de dostoiveski
la belle alexandra ispavnohikiva (?), en plus d'avoir le malheur d'avoir un nom aussi long se meurt en fuyant une passion forte qu'elle n ose assumer.
aglia espantchine est bien trop fiere pour faire naitre un bonheur simple.
et le prince michkyne a bien trop lu pour ne pas etre un reveur, et bien trop reveur pour pouvoir choisir entre ces 2 femmes qu'il aime singulierement.

---
de l'autre cote le roman inacheve' [ mais qui le sera bien un jour ] d'aragon
on y trouve ca....
qui s'applique sacrement a la vie ici..
de memoire ici
"
Ce qu'il m'a fallu de temps pour comprendre
je vois souvent mon ignorance en d'autres yeux
je connais ma nuit, je connais ma cendre
comment j'ai su aux autres le faire comprendre
comment j'ai su le faire deviner mieux.

parceque c'est bien beau la jeunesse sans doute....."

les autres...

on mets du temps a gagner ce je ne sais quoi d'oubli de soi, d'innocence, a trouver sans le savoir cette comprehension des gestes d'ici, des regards. et a les adopter doucement.

et ben c'est ca que fout en l'air la rencontre avec un autre touriste. tout s'efface en quelque instant et on retrouve nos vieux us d'europeens maniere's et la distance sterile de celui qui comprend analyse, explique, mais ne vit plus.

tout va bien.

un instit etant venu me parler dans l'endroit que je croyais le plus isole du monde...

lui " en 2005, ici, il y a eu des actes de terreurs et des combats religieux"
....
lui " mais maintenant, tout va bien"

---
faudra que j'en parle a l'armee omnipresente...

chinese people are so cheap

dans le bus :
un chinois, 19 ans, rentre chez lui apres 18 mois d'absence. Ses parents l'ont envoye a islamabad dans une ecole coranique.
lui " never, come back again "
" this country sooooooo many problems"
"the food horrible"
" it 's so dirty "
...
" and the girls ..."
" in china we have a lot of prostitute"
moi . "what ! "
et lui assez fiers " yes, a lot "

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"we only take the good part of capitalism."
-- pas reussi a savoir ce que c'etait -

------
lui "in china all is cheap "
moi ...
lui " chinese people are sooooooo cheap, no ? "

mercredi, juin 07, 2006

p'tite pause...

le corps a ses raisons que la raison ne connait pas. mais auxquelles il faut bien qu'elle se plie...

il vit avec sa mère. parcequ'il faut bien s'occuper d'elle tout de meme. "c'est mon devoir" dit il. "parceque je me sens seul aussi parfois".
il fume des dunhills lights

à l'hotel, un touriste la quarantaine baroudeuse conte ses exploits.
Fuire, Fuire.

Trajet islamabad --gilgit.

dans le bus:
2 vieux magnifiques ( barbes blanches , yeux marrons étincellants, bonnets afghans, et sourires plus qu'édentés) me montrent leur pays.
A chaques virages, ils pointent du doigts un mont, une rivère, un prairie et poussent des cris enthousiastes.
Sur leurs conseils pressant, je me vois obligé de prendre chaque centimètre carré de la route en photo...

le visa pour la chine en poche, fuire la chaleur et rejoindre la douceur des contreforts montagneux.
Pour le visq kirgise... on verra bien plus tard...

la vie est un roman

Dans une restaurant un peu sombre, un homme, la cinquantaine bien mise, petit, des yeux plaintifs, un peu enveloppé, mange un petit plat parceque "c'est si bon la nourriture ici, mais faut pas que je mange trop, ma femme m'attends pour le repas".

moi " comment avez vous pu devenir protestant ?"
a ma question, il baisse le ton et me regarde fixement de ses yeux larmoyants.

" quand j'avais 20 ans, j'étais un jeune mollah. mais quelque chose n'allait pas dans ma vie. quelque chose m'étregnait là [ il montre son coeur ]. Je ne savais pas quoi faire. j'étais mal, très mal. Je ne savais pas quoi faire avec ma douleur...
je voulais me suicider.
alors, j'ai pris ma moto et j'ai roulé le plus vite possible sans m'arreter, sans regarder les feux. droit devant moi. [ vu la circulation ici, déja conduire est du suicide...]
j'ai roulé, roulé. je ne sais pas comment je suis resté vivant.
après longtemps, je me suis arreté.
devant moi, il y avait un temple protestant.
devant le temple des enfants jouaient. J'étais sale, exténué, hideux.
Les enfants ont pris peur, ont crié.
J'ai fui là dans le temple.
a l'intérieur, il n'y avait que des gens bien habillés...
et ils m'ont acceuillis.
[...]
alors je suis resté, j'ai étudié pendant 2 ans avec eux.
et alors le saint esprit est venu me parler."

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" le saint esprit, tu connais ?"
---
il finit ses études pour devenir pasteur.
la famille de sa femme musulmane a un peu de mal...

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la vie est un roman ? ou romance t on sa vie ?

administration

à l'ambassade de chine, un nigérian se voit refuser son visa.
- " désolé, nous avons des accords avec votre gouvernement, on ne peut pas vous le procurer ici, il faut que vous retourniez dans votre pays pour le faire"
- " what !!!"

rencontré [nom imprononcable ]
retraité de l'armé de l'air...bon vivant... cherche à caser ses fils avec une francaise.

son nom signifie "le gardien de l'amour".
je garde son mèl, si ca interresse quelqu'un.


---
lui "et toi ton nom, il veux dire quoi ?"
moi ( dépité) " ben euh ... rien..."

musharaf .

"musharaf ? I love him !!!"

ma quete...

cherché pendant plus de 4h, l ambassade kyrkyze, aujourd'hui encore...
recueilli plus de 30 témoignages de gens qui l'avaient vu - mais où déja ah oui c'est là-, recueilli plus de 5 adresses différentes, parcouru bien trop de kilomètres, épuisé un taxi et un consultant en logiciel financier ( ...), tout ca pour m'apercevoir que cette foutu ambassade, que tout le monde a vu, n'existe pas.

...

moi - je peux te poser une question ?
lui - euh oui...
moi - c'est tes parents qui ont choisis ta femme ?
lui - euh ...50/50
moi - et ca ne te dérange pas ?
lui - non, c'est comme ca pour tout le monde.... et puis la pluspart du temps, les gens sont heureux comme ça.

simcity

Islamabad est en fait une ville double.
d'un coté Islamabad la vielle, dit Rawalpindi, labyrinthe d'ordures, de couleurs et d'hommes. n'y revenons pas.
de l'autre coté, Islamabad, la nouvelle.
comment la décrire ? ... nette, elle semble tout droit sortit de l'imagination d'un joueur de Simcity, trop pointilleux et un brin psycho rigide.
La citée est ainsi composée de 8*8 blocks carré d'exactement 2km de coté chacun, et numéroté de 1 à 9 et de A à G.
Chaque block est séparé par une route à double voies et par une bande d'herbe.
Au centre de chacun des 64 blocks, on a mis un centre commercial et un petit espace vert.
Les habitations sont à la périphérie de chaque blocks.

Tout y serait pour le mieux dans le meilleur des idéals. malheureusement, les terrains y sont plus que chers et les uniques habitants sont des nanties qui entretiennent des gardes privés, kalchnikov et sourires hargneux compris.
Le reste est laissé à l'abandon et quelques tentes siègent sur des terrains bien vagues.
De plus, comme les blocks sont énormes, on ne s'y déplace pas à pied. Du coup, monsieur prend sa voiture pourla moindre activité...
Game over.
Décidemment, il n'y a pas de justice pour les réveurs et les nantis.

dimanche, juin 04, 2006


Il est des villes belles où le charme s'opere des les premiers instant, on y circule amoureux comme dans un reve, pensant qu'on resterait bien en leur sein pendant les quelques éternités à venir.
Il est aussi des villes comme des rencontres. On s'y surprend à y soulever des mysteres, à rire de ces malices, à ne cesser de l'interroger de nos pas pressant.
et il est d'autre villes, amas d'hommes aux besoins moutonniers, chaires acharnées à s'aggultiner par la grande marche de l'économie de marché. Pressé, oppressé, les rues s'y déploient comme des membres maladifs. Ce sont des villes démentes qui en criant se griffent le visage et qui attendent la nuit pour cacher leurs corps outragés.
ce sont des villes que l'on fuit apeuré des le premier regard...
et bien Islamabad, en gros c'est ça....
mais il faudra bien qu'elle se décide à me dévoiler ses charmes car c'est plus de 5 jours qu'il me faudra y rester...

en vrac.... pour le moment...











et une petite discussion...


de long pans plissées de tissu chatoyant, ondulant dans la lumiere, enveloppent le corps des femmes d'une beauté singuliere, sensuelle et non érotisée. Les longues largeurs de tissu recouvrent les féminines courbures, et les effacent et en scultent d'autres, nouvelles.
Sous les reflets de la lumiere et des mouvements des corps, des ombres se creent, des gouffres se creusent, des vagues de soie se forment. Le corps feminin n'est plus sexuee. Il reste ondulation et fluidité, mais une ondulation dégagée de toute signification, une beauté distante, intemporelle, non désirable.

dans la rue

ne meme plus pouvoir etre seulement seul.

en vrac

---- ah oui le hidjab, c'est quand meme aussi tres pratique pour l'apiculture. (vu )-

dans la rue on m'interpelle sechement" dites donc , mais pourquoi vous prenez en photo une flaque d'eau, alors que moi je suis bien plus beau "
et il prend la pause. -

--
"non, normalement la mousson c'est fin juillet, ce n'est pas normales"
...
" c'est la faute de changements climatiques majeurs"
----

A la recherche désespéré de l'ambassade du kirgistan, une voiture s'arrete devant moi - vous avez l'heure ? - non - vous avez besoin d'aide ? ... peu de temps apres, en voiture... l'homme un pakistano-anglais au torse trop bombe' pour etre naturel. lui - vous etes seul. moi - oui lui - moi aussi et je suis gay. moi -ah. plus tard. moi : c est pas compliqué d'etre gay ici dans un pays si religieux. lui: non 70% des hommes sont gay ici, vous savez on ne peux pas avoir de sexe avec les femmes avant le mariage alors... plus tard. lui : pourquoi votre pantalon est aussi sale ? ... lui : je me suis séparé de ma femme... oui, on a eu une discussion et ce fut tres simple. oh, elle l'a tres bien pris. c'était un marriage arrangée. elle, elle voulait juste la nationalité anglaise.On tourne longtemps - tres longtemps - en voiture pour finalement trouver la mauvaise ambassade. c'est marrant qu'en urdu kazakastan se prononce kirgistan.. plus tard lui vous voulez une biere moi oui lui mais il faut que vous changiez de pantalon... peu de temps apres -- on passe a son hotel - lui - tu ne veux pas prendre une douche ? mets toi à l'aise. lui - j'attends le coup fil d'un ami. / Le coup de fil ne vient pas lui - de toute façon, on peut pas dire si on est gay ou pas tant qu'on a pas essayé. moi, dans un sourire - impossible les hommes ont pas de seins. lui - si parfois, moi regardes, - il montre ses pectoros gonflés à la muscul. moi- il faut que je rentre: mon hotel est bien loin d'ici. lui- tu ne veux pas dormir ici ? moi- mais je t'assure je ne suis pas gay. lui- tu veux que je te raccompagnes.

--- a la mosquee, elle devait etre interdite aux non-musulmans. j'entre aisement. Par contre, les badauts surpris, s'ammassent autour de moi, me pressent de questions et troublent la cérémonie. On me demande de partir.

--- --- voiles noir rouge, vert, fushia, bleu, mauve... toutes les couleurs sont ici réunis. voiles unis , voiles à fleurs, voiles brodés, voiles opaques ou voiles clairs, il faudrait pouvoir décrire l'éblouissement de la foule ici.
voile sahri, hidjab, burka et voilette peuplent la rue. Les hommes montrent leur habits traditionnels que je n'arrive pas encore à distinguer... turban rouge ou vert, toc de dentelle ou toc de plastique, kefié ou tissu brodé posé artistiquement sur l'épaule ou sur la tete et qui tient on-ne-sait-comment. trait arabique, chinois, indien, mongoles.
et le héné omniprésent qui teinte les barbes et le cheveux et fait les figures fantastiques...
vertige.

trop chaud pour écrire. Ici meme le papier transpire.

Un peu perdu dans le grand lahore,... [ qu'est ce qui ressemble plus à un bout de bazar qu'un autre bout de bazar ? , l'écriture c'est de l'indien avec un alphabet persan modifié. de toute facon il n'y a pas de nom de rue...] donc je demande mon chemin à un p'tit vieux passant. il interromp sa course et gentiment m'accompagne.
Nous marchons longtemps sous la chaleur, tout en papotant. Nous marchons longtemps dans la mauvaise direction...

--- Ne reste aujourd'hui de mes vielles affaires qu'un vieux pull et un pauvre pantalon de soutenance qui ne devrait pas survivre longtemps encore... Le reste fut jeté sur la route, et racheté, et lorsque sable vent poussiere, rejeté. c'est une lessive pas tres ecologique mais sacrement efficace... Il ne me reste aujourd'hui qu'un seul livre de voyage... sentiment de légereté.

trajet lahore----queta

dans le bus
"mais pourquoi vous, vous prenez les transports en commun locaux ?"

décors de désolation qq chose comme les eaux de mortelune - pour les connaisseurs -

trajet lahore----queta

dans le bus
"mais pourquoi vous prenez les transports en commun locaux ?"

décors de désolation qq chose comme les eaux de mortelune - pour les connaisseurs -

shiraz -- zahedan.

en attendant le bus, un vieux visage sec et canne de bois,
- t'es francais ? les francais sont les alliés du grand satan.
- ...
- mais les francais, eux, sont des gens biens. c'est juste les gouvernements.

-----
dans le bus,
" il faut dire en france que nous ne voulons pas de la bombre"
--- profond sentiment d'etre un pris pour l'ambassadeur de france en tourné qui changerai la face du monde si on pouvait le convaincre de quelque chose ---
" et puis la france elle a la bombe elle"
coupe court à mes objections d'un mvt de tete.

samedi, juin 03, 2006

a lahore, s'envolant du fort, au dessus de la ville, tournent en silence des dizaines d'aigles.
plongent sans raison entre les murs de la cité dans des cris alors retentissants.
leurs ombres couvrent mes pas.

remarque:

s'endormir après une douche la porte ouverte sans couverture est une bien mauvaise idée dans un pays où le moustique a faim ( très faim )

lui "ca c'est la ville la plus chaude du pakistan, il y fait 51 degrés"
moi "heureusement qu'on ne s'y arrete pas, je mourrai sous de telle chaleur."
lui " là où on va il fait qd meme 48"

changer de pays.

tout désapprendre. tout réapprendre.
Revenir enfance et l'oeil neuf et les gestes maladroits.

Ne même plus savoir traverser la route.

....

Loin de nos europeennes cites, où le reve dévore les vies, ici c'est parfois la vie qui creve à ne pas pouvoir se réver.

dans la crypte

le petit garçon tente d'atteindre le cercueil. il est bien trop petit, n'y arrive pas... il se recule, fronce les sourcils. fait un pas en avant, se lance, l'attrape des 2 mains.
Battant des pieds en l'air, tirant fort sur les bras, serrant les dents, il se hisse, prend appui, un coude puis l'autre
et fait claquer sur le cercueil un baiser qui retentit dans la crypte entière.

---
dans la crypte, un homme pousse une mélopée de gorge vibrante.
Sous la douleur, son corps se contracte et son visage se plisse tant que ses yeux disparaissent.
Nous l'écoutons en silence.
seule, une femme pleure.

questions

"mais enfin, en france pourquoi vous ne jouez pas au cricket ?"

" vous savez que dans le monde , il y a 300.000 religions. et vous n'arrivez pas à en choisir une ?"

dans la série, je voudrai pas crever sans ...
[ se pencher à la porte d'un train en marche ]
c'est fait.
par contre, c'est quand meme incroyable de foutre des poteaux en plein désert...

lahore..

emanation étrange dans ces monuments antiques. Nous sommes en terre d'islam et pourtant tout y respire l'inde si proche.
la mosquée sans minaret central, sans chaire, aux écritures si dissimulées sous les arabesques, et la salle de prière ouverte aux 4 vents rappellent à s'y méprendre les temples hindous.
vue de l'esprit ?

etre une attraction c'est pas toujours désagréable.
mais dans un train où l'ennui est unanime,
ca devient un peu éprouvant.

"oui mes parents choisiront ma femme, ils me connaissent depuis 23 ans. ils savent ce qui est bon pour moi."
...

mercredi, mai 31, 2006

Trajet Queta - Lahore

Nous coulons avec une lenteur ferrovière des farwest grandiose.
Aux halletements du train répondent les cris des nomades.
Et tandis que la chaleur des wagons soufflant se mele à celle de la lande acceuillante,
nous pénétrons les territoires reculés dans la confiance et la douceur d'une relation établie.

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Discussion théologique avec Massah dans le train sous le soleil couchant.
il y a quelque chose de vraiment plaisant de le fait papoter ici du sens de la vie, du big-bang et d'adam & eve, mais m'est avis qu'on tourne un peu en rond.
et qu'il y a dans la croyance quelque chose de vraiment indépassable.
et qui rend de part et d'autre le dialogue un peu vain.

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Ville sableuse et vent tournoyant...
désagréable sensation de se transformer irrémédiablement en tas de sable...

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le train est en fait peuplé d'étudiant en théologie et de badauts avides de touristes.
je tente d'expliquer la théorie de l'évolution à Massah, sous les yeux ronds et les oreilles tendues du reste du wagon.
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massah veux croire que tout a un sens que le but du monde c'est l'homme, et que le but de l'homme c'est dieu.
mes "why ?" et mes "for me there's no meaning of life except the one you choose" ne lui convienne pas. Il me propose d'en parler avec son chef spirituel.
Je lui dis oui du bout des lèvres.
L'idée de m'entretenir dans un espace clots avec une personnalité religieuse, en présence des ses fidèles, et sur sujet polémique me parait bien déraisonnable...

---
quelques temps plus tard, je me retrouve face à lui.
Il a la trentaine, les yeux fins, une barbe taillée peignée, de la condescendance dans le regard, et les gestes surs, calmes, cyniques de l'autorité.
Il ne parle pas , peu anglais. Massah fait l'interprète.
Il me propose de poser une question.
Flottement.
Se ressaisir.
Moussah parle de sa théorie de "tout a un sens, tout est utile, peut etre meme les pierres."
on me dit que les pierres sont utiles pour les trains et pour les chercheurs;
"tout est voulu par dieu pour les hommes ?"
on me dit que dieu a créé le monde et le controle.
" alors pourquoi la souffrance ?... pourquoi les tremblements de terre?"
Dieu a creer le monde pour faire passer un examen aux hommes. Quand ce monde sera détruit, il enverra les gens en paradis ou en enfer.
si on souffre, c'est une épreuve de dieu pour savoir si on est du coté du bien.
dieu a donné le pouvoir de réfléchir à l'homme.
moi "je sais, le pouvoir de choisir"
son regard s'arrete et me dévisage un instant. comme s'il me rejugeait.
moi " mais, un enfant qui vient de naitre n'a pas le pouvoir de choisir. Et pourtant des enfants naissent souffrent et meurent. Ca ne peut pas etre un examen pour lui. il n'as pas de conscience. il est innocent"
" c'est un examen pour ces parents [....]"
sentir la colère montée. inspirer profondément.
" mais, pour l'enfant, quel est le sens de cette souffrance ?"
"il aura des big rewards, un palace dans l'autre monde"
"un palace ? au paradis, il y a des gens qui ont des petites maisons de bois et d'autres des palaces?"
petit rire "ce n'est pas vraiment ca mais oui"
j'ai changé de sujet. l'incompréhension. La distance ne pouvait etre dépassée.

passons la suite qui finis bien tard dans la nuit, et qui finis par cette phrase pleine d'espoir " comme tu connais le coran,peut etre tu n'iras pas en enfer."
mais qui déboucha sur un bon repas commun.

ps :
- si on change de religion " big rewards"
- se souvenir de la cupidité dans son regard lorsqu'il disait "big rewards"







dans le bus...

"on m'a dit que le pakistan était dangereux ."
large et long rire d'étonnement.

trajet Tarastan- Queta

des Tcheques s'enervent parceque le bus ne part pas à 14h, comme prévu, mais à 18h.
ils vont mourrir à s'épuiser pour si peu....

Tarastan ( Pakistan )

large rue sèche. Air ployé sous la chaleur. vibrant. Murs de béton sales. toitures abandonnées. Maison de sable ensablés. Oasis sans eau dans le désert environnant.
Torses d'hommes plaqués contre les murs à la recherche d'un peu d'ombre.
Lorsque midi arrive et que l'ombre s'enfuit que faire ?
on s'en retourne à l'épicerie. Les amis viendront. Qu'ont ils donc à faire d'autres d'ailleurs ? on s'y regarde quelque bolywood. Les femmes y sont belles, dévoilées. On rit aussi parfois. On se paye un coca pour pouvoir rester. et de l'eau fraiche Asahan, de l'eau fraiche. Parfois on s'engueulle avec le patron, il dit qu'on ne consomme pas, qu'il va éteindre la télé. alors on recommande un coca pour quatre.
On s'enfuit dès fois aussi vers nos maisons de sable. On y fume une sorte d'opium un peu moins cher, un peu moins bon. on boit un peu de thé, on parle lentement. On mache un peu de San. Ca nous permet de dormir , de réver un peu. ne serait ce qu'un peu.
Lorqu'un touriste passe, à coté de chez nous, on le hèle, il n'en passe jamais. il hésite. on ne doit pas etre très beau avec nos yeux rougis. il avance quand meme. il sourit. il doit être géné, géné de se trouver là, là où il ne devrait peut etre pas.
Nous, on l'invite à prendre un peu de thé, d'autre chose... non il ne veux pas. on lui parle anglais avec les mots qu'on peux. On lui dit les souffrances de vivre ici bas, que là bas en Iran les sunnites on les tue, que ce ne sont pas des musulmans, et que Bush a raison de vouloir les tuer.
Et puis il y a les russes aussi; ils ne sont pas musulmans, sont communistes. On ne les aime pas, on ne sait comment le dire... on ne sait comment dire ce qui reste au fond de la gorge, là.
Et dans notre silence, on partage le thé avec le touriste égarée.
Lorsqu'on ouvre nos vollets de plastiques, en disant "air condition", le touriste lui ça le fait sourire.

j'ai craqué

cinquième bureau visité, il fait déja trop chaud. une terrible envie d'etre ailleurs..
Six militaires s'ennuient me pressent des questions.
- you're catholic ?
et ben j'ai dis oui !




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me voici au pakistan

mais c'est tout une aventure que je vous conterai demain

si le pakistan a des bus rigolos, le grand allah est plus present que le grand internet...


du pakistan, ( lahore )
nico.

frontière...

dans le taxi,
techno nassillarde defonçant les portières. à mes coté, un viel homme egrenne son chapelet en rythme.
















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a la frontière.
un garde frontière témoigne une cruauté sincère et enthousiaste.

un autre avec sa Kalach chargé ( il me l'a montré), vise un enfant et s'amuse à lui faire peur.
l'enfant remue à peine.
je sursaute à chaque fois.

A ce poste frontière, le diesel s'inspire par la peau, la chaleur fait le reste.

---
Décollage en pickup pour le noman's land entre l'iran et le pakistan.
a l'arrière, cheveux aux vents, les mains cramponnées, les longs paysages défilent majestueux.
un enfant à mes cotés, on ne s'entends pas. on vole parfois sur les secousses.
nous riions.

--
dérapage dans la poussière, un soldat me dit de le suivre. Je sors. le véhicule s'en va.
Il n'y a plus rien.
Devant moi, là au milieu de ce nul-part, de ce no man's land qui porte trop bien son nom, devant moi un fort couleur sable. devant le fort, une douzaine de militaire me regardant.
J'avance. ne sais ce que je fais ici. avance qd meme.
ils me regardent étonnés, amusés. Ils s'arretent de parler à mon approche. silence
arrivé à leur coté, je leur lance un modeste " salam", la conversation s'engage.
Respiration...

On m'y offre une mangue ( incroyablement succulente), on me fait assoir.
On rit un peu. on tache de se comprendre.
Ici on écoute du Métalicca et du Pink Floyd.
Du pink Floyd, ici, dans cet ilot perdu au fond de ce désert.

Crissement de frein. une jeep fait valser poussière, le sable. un colonel en sort se plante devant moi et peremptoire " tourist, come"
en quelques secondes, un good bye collectif à peine lancé, la jeep crisse à nouveau. torrents de sable.
2 militaires devant, pas un mot, moi siège arrière, un autre homme armé debout scrute l'horizon.
Quelques cotes en moins, on me dépose à un amas de béton qu'il nomme "l'hotel préfontière "
il fait nuit.

note
la jeep, dans le désert, conduit par un militaire, c'est le parc astérix.


---
a l' "hotel",
un homme la quarantaine s'approche de moi me regarde longtemps de ses yeux brillants, brillants, non équivoques, et me lance d'une voix chaude:
"hello, i am the boss of the custom
; can i offer you something to drink"

les chambres ne ferment pas à clefs.

zahedan

9h
Dans cette ville, où parait il, il ne faut pas aller, et encore moins trainer le soir, tous les hotels sont complets.
Je tente ma chance au consulat.
qui sait ? Peut etre m'ouvriront ils la frontière aujourd'hui...
sinon...

---

dans l'attente d'un visa...


J'attens là une heure dans la canicule montante. Un groupe se forme, attends avec moi.

" mon pere a 3 femmes et 25 enfants"
ben euh moi ? euh je suis fils unique....

- Moi j'ai 27 ans 4 enfants, je suis dans le business.
- moi, j'ai 24 ans 2 enfants, je construit ma maison.
- moi, j'ai 28 ans, je parcours un bout de monde...
Le décalage nous amuse...

Dans la foule, on m'extripe. "come". étonné, je suis docilement. On ouvre une porte. deux. on me cède la place. J'avance.
un "Bonjour Monsieur" bien francais retentit. Le consul me tend la main, tout sourire. m'invite à m'assoir, dans son bureau au luxe passéiste.
Nous parlons en francais des merveilles de l'europe, que le france et oui c'est beau, et qu' en l'espagne on sait y vivre " danser et boire".
Je me demande quand il va se décider à m'offrir un ferrero rocher. Rien de cela.
Mais plus tard pour aller à la banque, j'ai droit à mon escorte militaire. Sur une moto, à grand coup de sirenne fendant la foule, les kalchinkov pendent sur le coté.

note historique

"on sourira de nous d'avoir aimé la flamme
au point d'en devenir nous meme l'aliment"

ce stalinien repentant d'aragon écrivait ceci à propos de l'exemple russe...
et bien ca s'inscrit admirablement entre les murs de ce pays.

petits résumés des épisodes historiques précédents.
- en 51 l'Iran est une démocratie, le port du Tchador est interdit
- Massadegh le premier ministre a l'idée bien saugrenue de nationaliser la production de pétrole, alors britanique.
-ca ne plait pas beaucoup, beaucoup, aux petits anglais, qui appellent les amis ricains.
- ensemble, ils jouent à "fomentons un coup d'état"
- le coup d'état loupe....ttt.... ( nous leur pardennerons c'était leur premier )
- comme on est obstiné dans le monde anglophone, on recommence...
- là ca marche ! Massadegh est tué, le gros shash d'iran mis à sa place... tout le monde est heureux dans le bo monde des pétros dollards.
- or, il y a toujours des "or" au bonheur, son truc au shah c'est l'émancipation, oui mais l'émancipation par la torture, le meurtre, la loi martiale et le massacre de manisfestants.

donc à ce moment là, nous sommes en 1973, une opposition bien hétérogène de communistes, démocrates, islamistes, se lève et renvoie le shah dans la litière.
Naivement on appelle le gros Khomeini, qui coule des jours paisibles en notre si acceuillant pays de france, au pouvoir, pensant que celui ci fairait une petite constitution et hop là route démocratique...
mais le shah est agile, et s'empresse de liquider tout ceux qui l'ont amené au pouvoir ( sauf les islamistes) . La technique du faux procès marche ici encore à merveille...

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"
on sourira de nous pour le meilleur de l'ame
on sourira de nous d'avoir aimé la flamme
au point d'en devenir nous meme l'aliment
et comme il est facile après coup de conclure
contre la main brulée en voyant sa brulure
on sourira de nous pour notre dévouement"

notes en vrac sur l'iran

- sur certains bus est marqué l'inscription "in god we trust", le touriste preferait bien souvent " in code de la route we trust"
- le manger
...
- on n'est pas en 2006 ici.
- le vendredi, c'est dimanche.
- écologie.
face à la montée de la pollution, le gouvernement a pris une mesure énergique. Il a été décidé qu'un jour les subventions pour l'essence diminueront. ( 5 cts d euros /l )
a completer

....

zahedan, zone de transit où on n'ose encore rompre avec un pays trop connu.
Il faudra encore attendre alors que le regard se porte déja au loin.

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la rupture, pourtant, se prononce déja. Nous sommes en Balouchistan. Les hommes portent des pantalon bouffant et de larges tuniques qui furent blanches. Les pomettes se font saillantes, le tein, les cheveux se noircissent.

---
quelques regrets, autant de remords de quitter un pays à peine entre apercu, mais un vrai frétillement des semelles, une curiosité comme un défi.


---
Ces histoires de visa brisent un peu les reves d'hommes libres de part ce monde, pour laisser place à la triste vérité de l'homme bureaucratique.

arrivé.

Arrivé Zahedan, dernière porte avant le pakistan.
Ne pas regarder en arrière ce qui fut manqué.

pratique

pratique d'avoir 2 femmes, y'en a une qui peux surveiller les enfants pendant que l'autre nettoit la table.

un peu de poésie dans un monde de brutes...

un jour, dans une maison de bonne famille,
lui " you like porn ?"
moi " what !"
lui " poehm, you like poem "
moi " ah... euh .. yes"

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culte de la poésie troublant en ce pays.
chaque ville y erige la statue de son poète attitré.
on la venere, on la montre... mais le pire... c'est que j'ai l'impression qu'on la lit aussi.

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Au tombeau de Hafez, la poete sensuel de shiraz, les iranniens viennent se prosterner, un receuil de poésie en main.
Une main sur le tombeau et l'autre sur le livre, ils ouvrent une page au hasard et tentent d'y lire entre les vers leurs destinnées

photo

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dans le bus un étudiant me récite quelque vers de Hafez...
moment particulier, touchant.
---

sinon les poetes ici n'ont rien de bien commun avec ceux de par nous.

A nos pauvres chetifs, transpirant leurs mélancolies à travers un idéalisme de bon ton, en disant que vraiment, vraiment ce monde ne les mérite pas et bien ici on oppose la puissance et la terre.
Le poete ici, c'est un mage qui faconne le monde. Lrge d'épaule, son manteau de fourure brodé flotte à sa suite.
Ses lourdes bottes fourrées impriment leur marques au sol. Ce n'est pas un reveur. Il invoque pour nos félicités, les arcannes anciennes et étale sa puissance pour convoquer les vérités occultes, magiques.

photo

...

petit déjeuner dans un hotel de luxe. ( envie de changer de la soupe d'abats )

Il n'y a bien que dans ce genre de voyage qu'on peux avoir l'immense plaisir de renter pouilleux comme jamais dans les établissements de grand luxe et de s'y faire recevoir avec tous les honneurs.

hidjab

le lendemain... moi naif " le hidjab, ... oppression... femmes de tous les pays libérez vous...". elle " c'est notre culture le hidjab. personnellement je veux reserver ma beauté pour mon mari. tout lui donner à lui et non aux autres. " " les hommes ca a plus de désir que les femmes " "j'aimerai pouvoir quand meme parler aux garcons plus facilement... " ( il faut qu'il soit présenté à la famille ) dans la journée à Persépolis, rencontré 2 filles de téhéran. elles "mais non il n'y a pas de problème pour parler aux hommes. on ne va jamais en prison pour ça. c'est des racontards". " le hidjab, c'est la loi tout le monde le met. mais tout le monde s'en fout. On se maquille et on laisse nos cheveux dehors." note: renoncer à toute synthèse sur l'iran.


persepolis

j imagine ce brave darius, engoncé dans sa magnificience, étalant sa puissance, par la démesure de l'endroit, aux peuples dominés. et ces peuples, ces 12 peuples de l'arabie à l'inde venaient payer ici le tribut royal. Vetus de leur plus beaux habits, tous passaient, tachant de redorer leur fierté par leur fronts hauts et leurs habits nobles, tout en conservant leurs vies. ils passaient devant les centaines de hautes colonnes, les scultures guerrieres immenses, les salles sans fin débordant d'autorité et de luxe. --- il y a toute l'étrangeté de ce palais aux dimensions démesurés à la beauté fantastique, et pourtant perdu du monde des hommes. --- palais, qu'alexandre réduisit en cendre... et l'on dit qu'il lui fallut 11000 chameaux pour transporter ces trésors





love ?

Shiraz

Un soir au tombeau de Hafez ( faudra en parler de ça ), un groupe d'étudiantes en anglais s'enhardissent... et viennent me parler....

Plus tard, concert de musique, pique nique sur un rond point avec les parents, et deposage à mon hotel bien fissurée par le père et sa grosse cylindrée.

et encore plus tard
Elles : " have you ever fall in love ? "
-ben ... yes ... and you ?
-never. [ elles ont 23-24 ans]
- ...
-how is it falling in love ?
[ allez répondre à ca ]
- ben ca dépend des ages. on n'est pas amoureux de la meme facon à 10 ans à 20 ou à 30 ans. puis ca depend aussi de la personne que vous aimez.
en fait, ca dépend surtout si la personne en face a les memes sentiments ( pour vous ! ) ou pas.
Et elles, je crois avide de romance, totalement dépitées par ma réponse
- euh... mais dans tous les cas vous avez energie incroyable et vous n'avez qu'une chose en tete...

note : se demander si à faire des phrases en anglais, avec un vocabulaire de 30 mots on ne va pas finir totalement idiot et/ou largement cul-cul.
pour un prochain voyage, prevoir histoire prince charmant.

peau.

un jeune homme, la désinvolture au bout de la mèche et du jean, les traits fins, sur conscient de lui.
Autour de lui, 3 jeunes filles. Il n'en regarde qu'une. Les autres ne savent plus où poser leur regards.

---
tant de stratagèmes pour montrer un peu de peau
et tant pour la voir.

resolution

marcher tant et tant pour tacher se trouver un endroit un peu déserté.
Trouver un salon de thé à l'allure paradisiaque: des banquettes profondes, un peu de thé vert, des pipes à eau succulentes....
et se retrouver juste à coté d'un touriste !
c'est consternant.

Faut absolument que je revise mon instinct du voyageur ou que je change mon pays rapidement...

mosquée

A la mosquée le touriste entre à pas feutrés. Il a trouvé l'entrée par hasard. Dans la cour, devant lui, un petit bassin et autour quelques enfants qui lentement jouent. Les vieux sont assis dans l'ombre. On y discute peu. e silence meuble la place.
et le touriste avance doucement, doucement.
Il est en vue. On le regarde. il s'arrete. Reste interdit. Il aimerait peut etre qu'on lui dise de partir. On ne lui dit rien.
Au sol, des grandes dalles couvertes d'écritures. Faut il les éviter ? et comment le faire ?
Il avance. Demarche contorsionné, les pieds sur les interstices. Ne pas trop penser à la foule. continuer à avancer.

Arriver devant l'edifice religieux. Ne pas savoir comment on va etre reçu.
Avancer de plus en plus lentement. Avancer quand meme. Monter les premières marches. Sous le regard de la foule silencieuse, sentir le temps s'étirer incroyablement.
Voir arriver quelqu'un à pas rapide, les yeux illuminés, les mains larges ouvertes.
Ne rien comprendre à ses paroles.
prendre ca pour un oui tout de meme.
se dechausser. penetrer l'edifice.
Foule d'homme amassé par terre étonnée.
Une voix resonne dans l'endroit. chercher.
se retrouver, se retrouver nez a nez avec l'immam prechant au micro.
Ne pas sursauter.
chercher vite vite une place. se faire petit. petit.
se demander quand meme ce qu'on fait là !

et pendant que le preche continue, que les autres hommes te sourient, voir les enfants de choeur t'ammener les religieuses friandises.

note
- il faut voir les hommes baiser le mausollée de leurs lèvres tendres
- femmes et hommes sont séparés pdt le preche. l'immam est coté homme et pendant que les hommes dorment, on entend les femmes rires...
- l'intérieur de ce genre de mosqué est un peu cheap. tapissé de plastiques lumineux et de fantaisies rouges, vertes, flashies...
- pour prier les hommes mettent un petit objet entre eux le sol. ( c'est aussi fournit avec ma chambre d'hotel. )chercher une signication ?
- on dort très bien dans une mosquée...


les enfants de choeur viennent me chercher, me recitent leur phrases d'anglais, toujours les meme:
'what is your name ?', 'where are you from ?'
et mes reponses, toujours les memes aussi, toujours aussi enthousiaste d'ailleurs, faudrait voir a pas lses decevoir
parfois, un peu l'impression de jouer à Mr Miller
faudra que je pense à leur demander qui est dans le garage

jeudi, mai 25, 2006

egocentrisme...

petite reponse collective a des mels individuels.

1 ) " c'est difficile ! ... ou t'as bien du courage ! "

j'avoue : j'aurai bien tant voulu deffricher ces contres, le sabre etincellant dans la lumiere, arrachant dans la jungle mortelle un a un chacun de mes pas. oh, il aurait ete d'une chevalerie de frayer mon chemin a travers les hordes d'indigenes cannibales et sous les pluies de bombes et a travers les tranchees ruisselantes eviter quelques kamikazes et oscir quelques fanatiques puisque telle serai la loi.
malheureusement, c'est assez facile. Ces peuples pourtant si primitifs ont deja invente l'hotel, le transport en commun et le restaurant. ( quoique surce denier point, il ne soit pas encore tres tres evolue...)
Si ce n'etait leur desesperante habitude d'inviter n'importe qui pour faire n'importe quoi, tout serait d'une troublante simplicite.

2) " et ben tes rencontres c'est pas joyeux - joyeux. Y'a que des gens en exil, en deuil, en revolte"

Aussi troublant que cela puisse paraitre a nos yeux, ces gens la vivent.
Je sais c'est un peu dur pour nos epanchements lacrimaux et nos besoins urgents de compassion universelle, mais ils ont encore une sacre soif de vivre....
Le passe est la, present. mais c'est entre 2 thes, 3 pistaches, et quelques rires que je recueille leurs histoires.

3 ) " t'as maigri ?"
C'est indiscret non ?
;)
Surement un peu.
mais pour l'instant je pese encore plus lourd que mon sac.

4) " et la situation des femmes, des hommes ? la vie economique dans le pays, et les conflits diplomatiques ?"
Ce serait pas un peu pretentieux de faire une analyse geopolitique apres 2 semaines d'un voyage
bien subjectif ?
seuls quelques impressions en sortent.

5) " t'es pas fou, d'aller dans ce genre de pays c'est dangereux. "
A Istanbul, on m'a dit
" t'es pas fou, vas pas en turquie de l'est, c'est dangereux !"
En turquie de l'est, on m'a dit
" t'es pas fou, vas pas en Iran (de l'ouest), c'est dangereux !"
En Iran de l'ouest, on m'a dit
" t'es pas fou, vas pas en Iran de l'est, c'est dangereux !"
si ca continue on va me dire
" t'es pas fou, vas pas en France, c'est dangereux !"

Pour l'instant, je n'ai pas rencontrer de pays aussi paisible.
et se ballader le soir, dans les grandes metropoles, est un vrai plaisir...

parcours en moto, dans les champs desertés...

tresses de blés et d'herbes vertes eclatantes, où ondulent des vagues de lumiere et de vent.

la maison de famille.

C'est un arbre tout d'abord aux feuillages etendues. Quelques murs en soutiennent les branches.
La cuisine attenante, les chambres sont loin, on n'y va que le soir.
Tout se passe ici, on y chante, y cuisine, y invite, y fait la vaisselle et les devoirs parfois. on y repare la vielle moto aussi.
Lorsqu'on n'y parle plus, on entend uniquement fremir le vent dans le feuillage.


---
malgre sa genereuse invitation, l'argent pourrit nos rapports. c'est la premiere fois depuis le debut du voyage. Il va se marrier sans que ce soit un accomplissement amoureux, n'a pas de travail, aimerait tant devenir... devenir quoi au juste ?... Moi, nabbab de touriste, comment lui en vouloir ?

---






En famille...

heureusement que les enfants sont la pour exprimer si simplement leurs peurs et leurs rejets de l'etranger. et pour ensuite pouvoir les depasser.

Kati.

arrive tard, bien tard en sa famille. Kati se leve les yeux rougis, prepare le repas.
[ repas horrible . ne pas avoir faim et se sentir obliger d'engloutir un curieux melange de riz lentille patates. ]
a la fin du repas, mon hote leve les bras au ciel en disant " thank god " et m'enjoignant de la main a en faire autant.
Je me tourne vers Kati en disant " thank Kati".
Il reste sans voix, ne comprends pas. Elle, elle sourit.

Trajet Isphahan - Shiraz

un rose claire sur les masses rocheuses couvrent notre passage d'ombres menacantes.

--
un jeune homme 28 ans, yeux claires, front soucieux, parlant remarquablement anglais retourne a son village.
- mon frere au village est marrie.
- tiens , je me demande comment dans un village on fait pour rencontre sa femme lorsqu'on ne peux pas lui parler.
- La c'etait facile, c'est la fille de ma tante.
- la fille de ta tante.... ah... et toi ? elle est aussi de ta famille ? comment l'as tu rencontre ?
- non, non c'est sa soeur.

( la famille se limite pour lui a son pere, sa mere et ses freres et soeurs...)

- you want to come to my house ?
- euh... ok.

Plus tard, parlant du coran.
- oui le coran est un livre saint. il a predit tout ce qui est arrive'.
- comme ?
- la revolution islamique, le 11 septembre. Y'a des passages. je te montrerai...
- oui.

puis sur le chemin de sa maison.
- tu sais pour nous europeen, c'est un peu etrange le hidjab... on ne comprends pas bien.
- le hidjab ? c'est pour se couvrir. c'est important...
-...
- a cause du soleil, tu comprends.
- du soleil ?
- et du sexe aussi, tu comprends.
-...
(moi ) -mais ce que je ne comprends pas, c'est que dans le coran, il est dit que les hommes doivent aussi se couvrir les bras et ici tout les hommes ont les bras nus ?
( lui )- je sais pas, j'ai pas lu.
[et oubliant en une poignee de seconde ma remarque...]

Isphahan... dernieres heures.

sur la berge, quelques couples se tiennent parfois la main, trouvent une cigarette un fruit a partager, pour tenter de se rapprocher. Rares et electriques effleurements et Amour galant.
Les hommes eux tendrement s'enlacent.

-----

sous les arches du pont, apparaissent les passantes. Ephemeres, sensuelles apparitions, sur le fleuve coulant.

Quelques hommes songent les regardant passer.
D'autres n'osent plus les regarder et songent a l'eau le regard blessé.

comment ne pas penser à ce vieux guillaume... ?

http://nicolas.dapzol.free.fr/sons/1974%20-%20Po%e8tes/Serge%20Reggiani%20-%20Sous%20le%20pont%20Mirabeau.mp3

"le pont des reviens t'en"
les vapeurs d'essence et les trajets en bus sont parfois benefiques... la memoire m'est revenue:

Ses regards laissaient une traîne
D'étoiles dans les soirs tremblants
Dans ses yeux nageaient les sirènes
Et nos baisers mordus sanglants
Faisaient pleurer nos fées marraines

Mais en vérité je l'attends
Avec mon coeur avec mon âme
Et sur le pont des Reviens-t'en
Si jamais reviens cette femme
Je lui dirai je suis content

[qq part dans alcool ]


...

ne pas oublier qu'avec ta manie de dire oui a tout, tu t'es retrouve a mater des pelicans dans un parc aux oiseaux qui etait... comment dire... largement plus loin que beau.

et nous ne parlerons pas du melange limonade / lait de chevre...

mosques...

Isphahan.
La mosque de l'imam, la plus grande du monde, se court plus qu'elle ne se parcourt.
Les salles atteignent 40m de haut. impression saisissante de ne pas etre a sa place, de ne pas appartenir a la meme humanite.

les touristes decus, laissent leurs appareils photo, les salles sont trop grandes, trop hautres pour leur maigres technologie.

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Dans la mosquee, dormis a l'ombre contre un pilier, sous le rire etouffee des sorties de classes...

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Le dome de la mosque.
Le regard ne l'embrasse pas d'un coup. Il y plonge, remonte, s'y perd. Les arcades se perdent la haut, dans d'improbables points de fuite. Tout y tourne, les hypnotiques arabesques comme les briques de sables.
Le regard suit le mouvement. Fascine'. La lumiere des orifices trop vives chasse les yeux des premieres coupoles et attire attire le corps vers le centre du dome, dans son ombre, un gouffre.

mardi, mai 23, 2006

religion ( suite )

Notre Père qui êtes aux cieux.
Restez-y.
Et nous nous resterons sur la terre.
Qui est quelquefois si jolie.

http://nicolas.dapzol.free.fr/sons/1974%20-%20Po%e8tes/05%20-%20Pater%20noster.mp3




lundi, mai 22, 2006

on rit de peu de chose.

au milieu du desert de roche et de poudre, ben le roi Abbas 1er a convoque milles savoirs pour faire construire des monuments superbes, titanesques, demesurees.
Bien qu'il n'ai qu'assez peu de chance d'avoir chante "dancing queen", comment ne pas sourire en entendant son nom ?

melting pot.

ah, ce subtil melange de l'orient et de l'occident !
manger de la viande non predecoupe comme par chez nous mais avec une cuillere et sans couteau,
c'est ce qu'on fait par ici, et toujours sous le regard amuse des experts locaux...

qom-isphahan

attendre un train improbable en gare, la nuit, dans le desert.
se faire inviter en cabinne par un chef de gare bien roudouillard
Jouer au petit train dans l'immense cabinne pleine de levier de bouton et de diodes multicolores, la dans ce petit espace du bout du monde.
Se retrouver avec un autre chef de gare au telephone parceque le touriste ca les fait marrer.

courir apres le train.
deplier sa couchette dans la penombre.
se coucher doucement.
se retrouver nez a nez avec une tete luisante a lunettes et disant
" where are you from ? "

doctorant

rencontre un doctorant americain a Qom ( grand, large d'epaules, fort et pourtant une telle impression de molesse, d'affaissement. comme s'il ne savait pas quoi faire de toute cette chaire ), etudiant le rapport de l'islam a la technologie...
moi, lui avouant mon titre de docteur.
lui, me congratulant avec emphase.
moi " ben, c'est a la portee de n'importe qui, il suffit d'un peu d'obstination et surtout d'etre bien entoure."
lui "ah" pensif.

moi, pensant bien trop tard, qu'au niveau entourage ce pauvre petit 'ricain ici ( ou il traine peu de touriste vivant... ) depuis deja 6 mois et encore pour un petit moment devait se sentir bien seul...

religion ( suite )

avec un p'tit groupe de 3 personnes
a Qom, 2eme ville sainte du pays, legere discution theologique.
- you catholic ? no Jews M protestan ? Orthodoxe ? Muslim ? Chinto ? Brahma ? Japonais ?
dans une enumeration a la prevert, toutes religions y sont passees.
a chaque fois, le message ne passe pas : " no religion "
a un moment, un depite lance un peu meprisant :
- "ah ! you're a communist ! "

plus tard
- [serieusement ] your prophet is Freud ?
- Chirac ?
- Zidane ?

encore plus tard
- for me, after death nothing.
- nothing ?
sentir la plus profonde compassion, le plus profond chagrin pour moi...

note :
on sais jamais
-sur les autoroutes, y a des mosques de secours.
-sous le voile a qom, on se met un 2eme voile plus serre, des fois que...

dimanche, mai 21, 2006

ce soir train de minuit pour la fraicheur et les montagnes...
je pars pour l'ouest
vers Isphahan...

...

Sur les platanes de la place
Il se contait mille folies
Rever seul à la fin vous lasse
Ne rien faire ensemble vous lie

Aragon : Le roman inachevé

valse des échanges et des dons.

ce matin contre un peu de conversation et un peu de silence ensemble, muhammed ali ( "like the boxer !" ) m'offre sa montre, un dessin de cindy crawford et son autoportrait...
ce soir contre quelques pistaches et quelques dates partagées, Hussein m'offre un chapelet.
Il part voir sa fiancée, contre l'avis de son père. Il est arabe, elle est perse. Il a fui pour la voir.
il veux un cadeau pour elle. je lui offre ma montre qu'il accepte avec joie.
cette nuit, un gamin des rues vient me voir. Il aime photographier les passants avec mon appareil. Je lui donne mon chapelet. qu'il accepte avec joie.

Qom rencontres...

sinon terre d'exil que cette terre ci...
en vrac:
- i lived in bagdad but ... [ dans un sourire ] car explose. i live here now. [ un gamins ... 14 ans a peine ]
- "me ? i am afghan ... I came here because of the war. ... i'm here with my mother. my father was killed there.
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et aussi.
-I'm from koweit

- la guerre ? on a eu 2 jours pour s'enfuir. on a tous laissé. on est revenu 3 ans après....
- 3ans ?
- 1 an pour la guerre, 1 pour le nettoyage, 1 an pour le climat.

Qom

eblouissement.
Place de faience et sable, mosaique bleuté. Mausolé d'or éclatant.
impression que le monde a convergé là sur cette place.
Arabes, Turques, Afghan, Pakistanais, Ouzbek, Khurdes, tous le moyen-orient et l'orient semble avoir vétu ces habits traditionnels et s'etre donné rendez vous là.
Les arabes portent leurs kefiés longs comme une chevelure parfois cerclés sur la tete par un bandeau noir.
Les afghans ont mis leurs turbans noirs ou blancs et leurs toges blanches. Certains visages annoncent l'asie si proche.
Les pakistannais ont leur longues toges et leurs airs de sortir d'un film bolywoodien.
les femmes khurdes sont enveloppées dans des foulards aux motifs chatoyant.
Et les ouzbecks trainent leur pommettes saillantes.
et il y a aussi ces hommes à la petite toque de dentelle dont je n'ai pu dénicher l'origine, Kulu peut etre ?.

tous ces hommes vont viennent prient, ensemble.
c'est un bal extraordinaire.

Les mollahs, au milieu, sillonent la place avec une fierté et une assurance peu commune. Le front haut, le menton levé, le regard des dignitaires, enturbannés, et enveloppés avec élégance dans de longs habits blancs immaculés, que recouvrent des capes noirs, soyeuses, transparentes.

l'ensemble tient réellement fantastique...
j'en reste abasourdi.

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et ils sont là pour honorer masumeh, oui une bonne femme ( il faut voir la main sur le coeur en parlant d'elle et les yeux brillant ), qui a eu la drole d'idée d'etre femme d'un illustre imam.
et
" when a man is famous, all his family is famous "
c'est pas beau ça ?



téhéran- Qo,

parlant de la crise nucléaire
"j'ai peur qu'on devienne une deuxième corée du nord".

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"people here police eatch other"